La quatrième armée

Corresponding text in English, The Fourth Army


« Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Jean 15 : 13

1. LA 4ÈME ARMÉE DURANT LA GUERRE DE 14-18

Quatre armées étaient impliquées durant la 1re guerre mondiale : l’armée de terre, l’armée des oiseaux comme on appelait alors cette nouvelle puissance militaire qu’est devenue l’aviation, l’armée des finances, car toute guerre implique la dépense de fonds faramineux pour maintenir un effort de guerre et une quatrième armée que l’on oublie trop souvent ; celle des infirmières. Cette dernière « formation » était aussi appelée l’armée de la charité ou des infirmières. Nous avons l’habitude de commémorer les faits d’armes, les champs de bataille, les blessés et les décès d’hommes courageux qui se sont battus contre l’ennemi. Peut-être faisons-nous ainsi appel à notre masculinité intérieure, celle qui nous pousse au combat, à vaincre l’autre, à gagner. Cependant, nous oublions cette armée silencieuse et volontaire que furent les infirmières sur le front. En France, en 1915, ce sont 70 000 femmes qui rejoindrons les 30 000 infirmières de formation qui œuvrent au sein de la Croix Rouge. Des milliers de jeunes femmes britanniques sans grande expérience rejoignent, elles aussi, les troupes au combat pour apporter le soutien nécessaire au nombre croissant de blessés. De même, en Allemagne, des milliers d’infirmières s’évertuaient à offrir les services d’assistance médicale.

Toutes ces femmes n’avaient pour seules armes que leur courage, leur dévouement, leur réconfort, leur aide, leur don de soi. Leur seule force était d’être présentes auprès des blessés. Elles apportaient le réconfort nécessaire à des hommes souffrants. Elles étaient près d’eux afin, bien souvent, de les accompagner jusqu’à leur dernier souffle. Certains anciens combattants les comparaient à des anges blancs; la souffrance, les gémissements, les pleurs, la peur même faisaient alors place aux rires, aux amusements et aux taquineries quand une infirmière entrait dans la salle. Elles devenaient un soutien moral pour les alités.

2. DONNER SA VIE POUR AUTRUI

Jésus nous offre encore une fois une magnifique expression de son amour quand Il déclare : « il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime » (Jean 15 : 13). Que l’on soit chrétien ou pas, croyant ou non, cette phrase exprime à elle seule la profondeur d’un amour particulier : celle de donner sa vie pour ceux que l’on aime. Il n’est pas nécessaire de se poser la question à savoir si nous donnerions nous aussi notre vie pour un ami. Certains se tracassent à savoir s’ils seraient capable de sacrifier leur vie, mais là n’est pas la question. Comme le disait un ami qui, durant la deuxième guerre mondiale, a œuvré pour le salut de personnes juives en Hollande au péril de sa vie, « ce sont les circonstances qui m’ont amené à agir ainsi. » Il voulait agir pour le salut de ces personnes et il l’a fait. De même, ces femmes arrivant de tous les coins du monde, ne réalisaient pas forcément ce qui les attendait. Elles était mues par le désir de soulager les douleurs, de réconforter des vies souffrantes.

Durant cette discussion de Jésus avec ses disciples concernant le soutien mutuel et l’amour fraternel, Il manifeste son amour pour eux ; un amour qui ira jusqu’à la mort. Il laisse clairement entendre (verset 26) que quelque chose va se passer. Il annonce qu’un autre après Lui viendra (Jean 15 : 26). Il fait comprendre à ses disciples qu’il devra les quitter. Un peu plus tard, Jésus leurs signifie plus précisément encore son départ vers son Père (Jean 16 : 5). Un départ qui leur sera bénéfique leurs dit-il. Nous connaissons le sort qui lui sera réservé sur la Croix (Jean 19 : 18). Le Xrist est crucifié pour le salut de l’humanité et donc la réconciliation avec Dieu. Jésus est bien plus qu’un sauveteur, il est le Sauveur. Il monnaye, si je puis écrire, notre vie en donnant sa propre vie. Ces infirmières, au même titre que le corps médical tout entier, ont sacrifié leur vie pour sauver des hommes blessés, voire même accompagner des soldats qui mourraient et pour lesquels il n’y avait plus rien à faire sinon d’être là, à leur côté. Elles sont l’image de ce don de vie. Je ne cherche pas à discréditer ce que les militaires ont fait au péril de la vie pour la liberté, mais à rehausser notre vision et notre compréhension du rôle de ces femmes qui ont œuvré sur les champs de bataille pour arracher des vies à la mort. À l’exemple du Xrist qui sans armes ni violence, sinon celle qu’Il s’est infligée en se laissant crucifier, le Xrist donc nous a arrachés à la mort, une mort horrible dont Il dépeint les souffrances en la comparant aux feux éternels ; une mort qui s’exprime par la séparation d’avec Dieu, tel qu’Adam l’a vécu dans le jardin d’Éden. Ainsi Jésus ne peut considérer rien de plus grand que de donner sa vie pour un ami. L’on peut payer pour la libération de quelqu’un, mais le prix d’une vie pour une autre vie amène à considérer l’équivalence de cette valeur. Xrist explique à ses disciples, certainement étonnés de ces paroles, que ce don d’une vie pour une autre est hautement valorisante. &Jésus, « existant en forme de Dieu, n’a pas considéré comme une proie l’égalité avec Dieu, mais il s’est dépouillé pour se faire serviteur » nous dit l’apôtre Paul dans sa lettre aux philippiens (2 :6,7). L’amour du Xrist est tel qu’il s’est abaissé pour nous permettre de vivre.

3. LE ROI DAVID RECHERCHE LA COMBATIVITÉ DE DIEU FACE À SES ENNEMIS

« Dis à mon âme: Je suis ton salut ! » Psaume 35 : 3. Nous pourrions traduire « Ton salut, je suis » selon l’emphase mise sur le mot salut dans le texte hébreu. Car ce mot précède le « je suis ». David recherche ici le réconfort de son âme. Il cherche la certitude, l’assurance. Dans les moments difficile nous en sommes tous là. Dieu nous répond-il ? Est-il présent, voie-t-il le malheur qui fond sur nous ? Est-il concerné ? Cette interrogation est dans nos cœurs. Une conviction de l’œuvre divine que nous avons perdu dès le jardin d’Éden. Adam a perdu la proximité d’avec Dieu. Il a perdu sa relation avec Dieu, et ceci se reflète dans sa vie quotidienne. Il perd ainsi cette assurance en Dieu. La foi devient alors essentielle. C’est ce que le roi David exprime dans ce psaume. L’adversité est parfois si grande que nous pouvons perdre la confiance de vue. Nous avons besoin de l’Esprit de Dieu pour nous confirmer dans cette assurance qu’Il est là, présent au creux de nos vies, même dans les moments les plus difficiles. Puisque l’être humain a de la difficulté à s’affermir sur ses promesses, Dieu est venu en Jésus-Xrist. Il a pris forme humaine pour réconforter, partager notre vie et nous accompagner dans cette vie chaotique, voire dramatique pour certains. Il y a, certes, des situations extrêmement difficiles, des pertes qui rendent certaines vies particulièrement pénibles et cependant je veux retenir ces paroles d’une épitaphe qu’une infirmière nous a laisser : De Vera Brittain, une volontaire membre du « Voluntary Aids Detachment » durant la première guerre mondiale : Épitaphe sur mes journées d’hôpitaux ; j’ai trouvé en toi un sanctuaire isolé, endurance sublime, Dieu révélé dans l’homme, où le soin des corps brisés a lentement guéri mon cœur brisé.

4. L’AMOUR POUR LES AUTRES

Quelles sont les motivations de ceux qui ont combattu en France face à l’ennemi durant la Première guerre mondiale ? Mais quelles qu’aient été ces motivations, un dénominateur commun ressort : ils ont sacrifié leur vie, leur jeunesse, leur santé, leur bien-être pour libérer ou défendre ce qu’ils considéraient menaçant. De même que David demandait à son Dieu cette assurance du salut, nous devons rechercher en autrui la beauté de Dieu, voir le Xrist chez notre vis-à-vis, notre prochain. À la lumière de ce passage assez bien connu : le bon samaritain. Ces femmes, qui sont venues sur les champs de bataille de France durant cette guerre mondiale de 1914 à 1918, ont changé la face du monde. Dans un milieu hostile, elles ont peiné, elles ont souffert pour amener le réconfort, leur présence et le soutien à des hommes défaits, brisés, meurtris. Quelle qu’aient été les motivations de ces infirmières, une certitude apparait : Elles ont porté la vie. Dans certains cas elles ont restauré la vie à l’image de ce Xrist venu du ciel pour nous sauver, pour sauver le monde. Mettre à la disposition de ce monde une issue à la déchéance. Car la vie ne s’arrête pas à la mort, mais elle se poursuit en rétablissant une relation à ce qui était rompu.

« Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de cœur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger. » (Matthieu 11 : 28-30)

Sources :

1) Les infirmières de la Grande Guerre, les « anges blancs »

2) Les croquis des gestes des infirmières

3) Souvenirs d’une infirmière 

4) La vraie histoire des femmes de 14-18, de Michèle Jouve et Franck Jouve paru le 17 octobre 2013 aux éditions CHRONIQUE

5) La croix-rouge et la première mondiale

6) World War One: The many battles faced by WW1’s nurses

7) Le blogue de Bibliothèque et Archives Canada. Les infirmières militaires décédées en service pendant la Première Guerre mondiale, deuxième partie

 

A propos Yanick Baudequin

Yanick est au Canada depuis 1981. Il a obtenu ses diplômes de cuisine à l’École hôtelière de Gascogne à Bordeaux en France où il a rencontré son épouse. Il a travaillé dans divers restaurants au Québec puis en Ontario. Il vit actuellement à Ottawa avec sa famille. En 1988, il a été ordonné Évangéliste par la Christian Reformed Church in North America, afin d'établir une petite communauté, l'Église chrétienne réformée Saint-Paul. L'assemblée a été fermé en 1999. Yanick, en partenariat avec son épouse, a débuté une entreprise de traiteur, La Gourmandise Ltd, qui continue à opérer aujourd'hui. Il a étudié pendant son ministère à l'Institut de théologie Farel à Québec (Québec), Ottawa Theological Hall à Ottawa (Ontario), Calvin College à Grand Rapids (USA). Il a été ordonné pasteur de l'Église réformée du Québec en 1987. Son but aujourd’hui est de faciliter un dialogue concernant la bible et ses enseignements. Yanick arrived in Canada in April 1981. He was trained as a Cook at the École hôtelière de Gascogne (Catering School) at Bordeaux, France, where he met his wife. He worked in Restaurants in Québec and in Ontario. He lives today with his family at Ottawa in Ontario. In 1988, he was ordained as Evangelist in the Christian Reformed Church in North America to establish a small community named Église chrétienne réformée Saint-Paul that was closed in 1999. In partnership with his wife, Yanick started a catering business in January 2000 named La Gourmandise Ltd that is still operating today. During his ministry, he studied at the Theological Institute of Farel at Québec (QC), Ottawa Theological Hall at Ottawa (Ontario) and Calvin College at Grand Rapids (USA). Meanwhile, he was ordained as a pastor in Église réformée du Québec (Reformed Church of Quebec) in 1987. Today, he desires to share his knowledge concerning the biblical teachings.
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